Zoom sur...

Image Le Mont-Kemmel

01/02/2013Site du Mois - Février 2013 - Le Mont-Kemmel

Site du Mois – Février 2013

Le Mont Kemmel

Suite à l’échec de l’opération Michael, lancée le 21 mars 1918 par les troupes allemandes sur le front occidental, le général Erich Ludendorff, premier quartier maître général, décide de lancer une seconde offensive majeure. Baptisée Georgette, cette opération doit permettre d’obtenir la victoire dans les Flandres sur les forces britanniques et françaises.

L’opération Georgette : rejeter les britanniques à la mer

Après l’arrêt de l’offensive Michael le 5 avril 1918, Ludendorff réengage la VI. Armee de von Quast et la IV. Armee de von Arnim dans l’opération Georgette. Elle doit permettre d’obtenir la victoire dans les Flandres face aux britanniques, renforcés par des divisions portugaises et des soldats de l’armée belge. L’état major allemand souhaite s’ouvrir la route de la mer pour conquérir les ports français et obtenir la victoire finale.

Les généraux allemands Ferdinand von Quast et Sixt von Arnim

Les généraux allemands Ferdinand von Quast (à droite) et Sixt von Arnim (à gauche)

Le 9 avril 1918, l’offensive Georgette est lancée par la VI. Armee de von Quast dans la région d’Armentières. La résistance britannique et portugaise de la 1st Army du général Horne et de la 2nd Army du général Plumer ne peut contenir l’avancée des troupes allemandes qui atteignent la Lys en une seule journée. Armentières et Cassel tombent le lendemain sous les coups de la IV. Armee de von Arnim.

Avril 1918. Troupes allemandes sur la Place de la République à Armentières

Avril 1918. Troupes allemandes sur la Place de la République
à Armentières

En une semaine, les armées allemandes réalisent une avancée de près de 100 kilomètres et le 15 avril, le X. Corps d’armée de réserve (X. R.K.) de la IV. Armee se présente au pied du Mont-Kemmel. Après des combats acharnés et au prix de lourdes pertes, les troupes allemandes, notamment le corps alpin, s’empare du Mont-Kemmel le 25 avril.

Obusier allemand pendant l'attaque du mont Kemmel en Avril 1918

Obusier allemand pendant l'attaque du mont Kemmel en Avril 1918

Les Allemands sont tout de même stoppés à plusieurs endroits sur le front. A Hazebrouck, ils sont arrêtés depuis le 13 avril 1918 par des divisions britanniques et australiennes. Ils sont également repoussés près de Béthune le 19 avril par la force britannique.

Fort du succès sur le Mont-Kemmel, l’état major de la IV. Armee de von Arnim prévoit une offensive le 29 avril qui doit être couronnée de succès avec la prise des différents monts des Flandres et la conquête de la ville d’Ypres.

Les rangs allemands sont inférieurs comparés à ceux engagés lors de la prise du Mont-Kemmel. En sous-effectif et en manque d’officiers, les deux armées allemandes attaquent à 5h40 le 29 avril, après le bombardement de l’artillerie. Composés en autre d’un corps alpin (Jg.R.2 - II. Jäger Regiment, deuxième régiment de chasseurs et b.I.L.R. - régiment d’infanterie de la garde bavaroise), le X. Corps d’armée de réserve prend rapidement le Scherpenberg, une hauteur au nord-ouest du Mont-Kemmel sous le déluge de feu des forces alliées. Devant les lourdes pertes, les trois divisions du XVIII.R.K. et le X.R.K. sont immobilisées.

Initialement prévu selon le plan allemand, l’attaque de 17 heures est annulée par le X. Corps d’armée de réserve. Dans la nuit, l’état-major de la IV. Armee décide d’arrêter l’opération Georgette devant la résistance britannique ralliée depuis peu par des forces françaises. L’avancée allemande est définitivement stoppée dans la région, au sud d’Ypres et Ludendorff ordonne de tenir le front.

Les « Jäger » à la conquête du Mont-Kemmel

Front au 9 avril 1918

Front au 9 avril 1918

Lors des deux offensives initiées par Ludendorff au printemps 1918, la prise du Mont-Kemmel constitue un point stratégique dans le plan allemand. Il se trouve sur le chemin le plus court qui mène du front, établi sur la ligne Armentières-La Bassée, à la mer, jugée capitale par l’état major pour une victoire finale.

Après leur rapide avancée d’une centaine de kilomètres depuis le 7 avril et le lancement de l’opération Georgette, les troupes allemandes se retrouvent au pied du Mont-Kemmel le 15 avril 1918.

La IV. Armee de von Arnim attaque les hauteurs du Mont-Kemmel le 17 avril. Cette offensive allemande est rapidement enrayée par la défense britannique de la 2nd Army du général Plumer, aidée par le renfort de troupes françaises accordé par le généralissime Foch, récemment nommé commandant en chef des troupes alliées sur le front occidental. Les troupes allemandes sont fatiguées d’une semaine de combats ininterrompus.

Après cet insuccès, les Allemands décident de préparer une attaque méthodique sur le Mont-Kemmel. Von Arnim charge son chef d’état-major, le général Lossberg, de planifier la prise du lieu. Celui-ci prévoit l’emploi de l’artillerie et d’armes chimiques avant d’envoyer l’infanterie à l’attaque des hauteurs. Il prévoit l’assaut des positions britanniques à l’est devant le Scherpenberg et à l’ouest au niveau du village de Kemmel. Il est prévu pour le 25 avril et l’empereur Guillaume II sera présent pour assister à la victoire en direct.

Le Mont-Kemmel

Le Mont-Kemmel

Le 24 avril 1918, les divisions de la IV. Armee de von Arnim sont engagées et réparties en deux corps d’armée, suivant le plan du général Lossberg, pour lancer l’offensive dans la nuit. Le X. Corps d’armée de réserve attaquera les positions alliées à l’ouest tandis que le XVIII. Corps d’armée de réserve s’occupera de la partie est. Le corps alpin (Alpenkorps) ainsi que la IV. division d’infanterie bavaroise seront chargés de conquérir les hauteurs du Mont-Kemmel. Du côté allié, les troupes françaises qui se sont positionnées dans la région du Mont-Kemmel doivent en assurer la défense.

Dans la nuit du 24 au 25 avril, les Français décident de lancer de courtes offensives pour vérifier les positions allemandes. La 28e Division d’Infanterie, qui assure la défense du Mont-Kemmel, est chargée de ces attaques. Lancée à 21 heures, la 28e D.I. est rapidement stoppée par l’artillerie allemande sur leurs positions d’assaut.

Attaque de l’artillerie allemande au Mont-Kemmel

Attaque de l’artillerie allemande au Mont-Kemmel

Les chasseurs allemands, eux, sont déjà en position pour l’offensive de l’aube et se trouvent à 300 mètres en contrebas des positions françaises. Avant le début du feu de l’artillerie classique et chimique, les Jäger (chasseurs allemands) sont rejoints par des unités équipées de minenwerfer et de lance-flammes. Le 25 avril, à 2 heures, l’artillerie déclenche un déluge d’obus sur les défenseurs du Mont-Kemmel pendant plus de 3 heures.

Le Mont-Kemmel, une victoire capitale ?

A 6 heures, l’ordre d’attaquer est lancé. Les Jäger font tomber rapidement les premières lignes alliées et continuent leur ascension appuyés par la force de frappe des mortiers et des lance-flammes.

Den EngelLes défenseurs français sont débordés de toutes parts par les chasseurs alpins allemands et ne peuvent plus établir les liaisons avec les autres unités à cause de l’encerclement orchestré par la IV. Armee de von Arnim.

Den Engel

Les renforts envoyés par l’armée alliée ne peuvent venir en aide aux unités engagées sur les hauteurs à cause du bombardement de l’artillerie allemande. A 7h45, le Mont-Kemmel tombe et les derniers survivants du sommet sont faits prisonniers par les chasseurs allemands. La IV. Armee continue de progresser jusqu’à midi. Epuisées, les troupes allemandes s’arrêtent. Craignant les contre-attaques alliées, les Allemands s’installent en défensive. La bataille des Monts est gagnée mais les pertes sont énormes.

La nouvelle attaque de la IV. Armee de von Arnim le 29 avril 1918 pour avancer vers Ypres est un échec. Le manque de moyen allemand mêlé à la baisse de morale et à la fatigue dans les rangs allemands amène à l’arrêt de l’offensive Georgette malgré le succès sur les hauteurs du Scherpenberg et la conquête de la commune de Locre. La résistance alliée a eu raison de l’offensive allemande. A partir de la fin du mois d'août 1918, le Mont-Kemmel sera évacué par les Allemands. Il sera totalement repris le 5 septembre 1918 par les troupes franco-britanniques.

Aujourd’hui, sur le Mont-Kemmel, des monuments témoignent des combats acharnés du printemps 1918. Un obélisque de béton de 16 mètres de haut rend hommage aux soldats français tombés près du Mont-Kemmel en avril 1918. Surmontée d’une statue représentant une déesse de la victoire (Nikê ailée), elle comportait à son érection la statue d’un poilu de bronze qui fut frappée par la foudre dans le années 70 et jamais remplacée. Elle est communément appelé « Den Engel », « L’ange ».

Ossuaire du Mont-Kemmel

Ossuaire du Mont-Kemmel

Près de l’obélisque, sur le flanc boisé du Mont-Kemmel, se trouve un ossuaire militaire français qui rassemble les dépouilles de 5.294 soldats français. Rassemblés entre 1920 et 1925 dans cet ossuaire, seuls 57 soldats furent identifiés. Le monument pyramidal de l’ossuaire orné d’un coq gaulois comporte une plaque rendant hommage aux soldats français tombés lors de la défense du Mont-Kemmel.

Par Jean-Bernard LAHAUSSE et Romain SERTELET

 

Décembre 2012/
Janvier 2013
 
 Mars 2013

Cima-Grappa

Site

du

Mois

Maison de Louise de Bettignies

Cima-Grappa Maison Louise
de Bettignies
Monte-Grappa Saint-Amand-
les-Eaux

Crédit Photos : Généraux von Arnim et von Quast - © http://www.sambre-marne-yser.be
Armentières, avril 1918 / Obusier allemand pendant l'attaque du mont Kemmel en Avril 1918 - © http://www.bataille-de-la-lys.com
Front au 9 avril 1918 - © DR
Attaque de l’artillerie allemande au Mont-Kemmel - © http://www.stahlgewitter.com
Le Mont-Kemmel - © http://www.kb5ir.de
Den Engel - © http://lenord.fr
Ossuaire français du Mont-Kemmel - © http://www.webmatters.net

 

L’espace Grande Guerre

Deux soldats de la Grande Guerre
18/11/2019 Deux soldats de la Grande Guerre

Archives familiales

Lire la suite...
Pass Lorraine 2019
18/05/2019 Pass Lorraine 2019

Pass touristique

Lire la suite...
Les églises et la guerre 14-18
08/03/2019 Les églises et la guerre 14-18

Exposition

Lire la suite...
Les décorations françaises
08/04/2019 Les décorations françaises

Article

Lire la suite...