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Image Une mission américaine

29/09/2011Une mission américaine, riche d’enseignements

Du 14 au 21 septembre 2011, je me suis rendu aux Etats-Unis en compagnie de Frédéric Castier, Chargé de projets à la Mission Histoire et délégué pour la France de la Fondation Mac Cormick. Durant ces huit journées nous avons été accompagnés par Jerry Hester, Président du comité du 70ème anniversaire de l’entrée en guerre des Etats-Unis (en 1987) et candidat au poste de Président du comité du centenaire américain.

Serge Barcellini et Frederic Castier aux Etats-Unis

Durant ce séjour nous avons participé à 10 réunions de travail :

- Avec l’attaché militaire et l’attaché de défense auprès de l’ambassade de France.
- Le député M. Ted Po du Texas
- Le directeur de la communication du Pentagone
- Le chef de bureau des affaires européenne au département d‘Etat
- L’assistante du sénateur Rockfeller IV
- Les responsables de la Woodrow Wilson Library à Staunton
- G. Llengel, professeur d’université « le » spécialiste de la grande guerre dans le monde universitaire américain
- Le numéro 2 de la National Guard
- Les responsables de l’ABMC (American Battle Monument Commission)

Nous sommes également intervenus à la convention de l’American for State and Local Study à Richmond.

Serge Barcellini et Frederic Castier

Les conclusions de cette visite sont particulièrement enrichissantes.

Trois dossiers essentiels ont été au centre des rencontres.

1) La création d’une commission américaine pour le centenaire de la grande guerre. :

- Dépôt d’une proposition de loi par le sénateur Rockfeller prévoyant la création d’une commission de 29 membres et une double initiative de départ, la transformation du musée de la grande guerre de Kansas City en musée national et celle du mémorial de la grande guerre de Washington au mémorial national.

Serge Barcellini et Frederic Castier

- Discussion de cette création et de ses objectifs avec :

• le directeur du service historique de la défense (M. Robert J. Delessandro)
• le directeur de la communication du Pentagone (M. Brian Collin)
• le département d’Etat (M. David S. Feldman, chef du bureau des affaires européennes)
• le député du Texas M. Ted Po
• l’assistante du sénateur Rockfeller IV, Mme Barbara J. Pryor

- Présentation par la partie française du projet de classement UNESCO des sites et monuments de la Grande Guerre.

- La conclusion :

Les USA ont une réelle volonté de participer au centenaire de la Grande Guerre. Ils souhaitent y jouer un rôle important. La commission nationale sera créée en 2012. Le soutien au classement UNESCO est confirmé.

2) La création d’un comité franco américain du centenaire

Une mission américaine riche d'enseignements

- Présentation par la partie française d’un projet de création d’un comité franco-américain du centenaire qui aurait pour objectif de mettre en synergie les différentes initiatives mémorielles et d’en favoriser le développement.

Ce comité serait co-présidé par un élu français et un élu américain ; des vices présidences conjointes seraient assurées par des « hommes symbolisant l’histoire franco-américaine et par des responsables du centenaire ; un secrétaire général serait choisi parmi les responsables de fondations. Le comité aurait pour objectif de regrouper l’ensemble des maires des communes mémoire de la Grande Guerre américaine, l’ensemble des présidents d’associations qui œuvrent dans ce domaine, ainsi que l’ensemble des historiens, le tout dans les deux pays.

- Etude de ce projet

• Lors de la convention de l’american association for state and local study à Richmond
• Avec les responsables de la Woodrow Wilson Library, spécialiste de la Grande Guerre.
• Avec la National Guard : Général Kevin L. Macneely
• Avec les responsables de l’ABMC (Max Cleland, secrétaire général et Mac Conley, directeur de la communication)

- La conclusion

• Un fort intérêt pour ce projet
• Dont le siège aux Etats-Unis serait la maison de W. Wilson à Washington

3) Les projets mémoriels développés en Meuse

Préparation du Centenaire

- Présentation par la partie française des projets meusiens : mise en synergie des sites américains à travers la création de chemins mémoriels ; rénovation des stèles et monuments (non ABMC), création d’un Musée franco-américain de l’offensive Meuse-Argonne

- Discussion autour de ces projets :

• Le directeur du service historique de l’Armée (Robert J. Delessandro) et son adjoint (Mickael G. Knapp, chargé des musées)
• Les deux responsables de l’ABMC (le secrétaire général et le directeur de la communication)
• Les deux responsables de la Fondation W. Wilson Library)
• Les responsables de la Garde Nationale

- Les conclusions

• Investissement de l’ABMC qui créera pour 2014 un centre d’interprétation à Romagne sous Montfaucon
• Accord du service de la défense américaine pour un futur musée Meuse-Argonne.
• Accord pour tenter le défi : 50 000 touristes (contre 25 000 aujourd’hui)
• Accord de la Garde Nationale pour s’investir sur les sites mémoriels des Etats
• Accord de la Woodrow Wilson Foundation pour lancer une commémoration bilatérale en 2013 « Le centenaire des élections à la magistrature suprême de W. Wilson et de R. Poincaré ».

 

Intervention de Monsieur Serge Barcellini à la convention de l’American for State and local Study à Richmond

"Dans 1 050 jours commencera le Centenaire de la Grande Guerre.

Les Etats-Unis qui ont joué un rôle capital dans les batailles de l’année 1918 et qui ont marqué de leur empreinte le Traité de Versailles, auront un rôle d’acteur dominant dans ce Centenaire qui je le rappelle durera 5 années – 2014 à 2018.

Je centrerai mon propos sur trois initiatives essentielles en préparation.

Trois initiatives – trois échelles :

1) La première échelle est Mondiale.

L’initiative est celle du projet de classement au patrimoine mondial de l’Unesco des champs de bataille de la Grande Guerre.

Pourquoi ce projet ? car la première guerre mondiale est un tournant exceptionnel de l’histoire universelle. Une histoire de la brutalité qui entraine un premier pas vers une gestion universelle de la Paix (avec la création de la société des Nations) puis un second pas avec la création d’une Europe intégrée.

Quelle ambition ? une ambition géographique : le classement du plus grand nombre de sites de la Grande Guerre en Europe.

Une ambition éthique : donner un sens « citoyen » à ce classement.

Quelle structure ? la création en 2011 d’une association française regroupant les 13 départements de la ligne du front – et d’associations de même type dans les différents pays du front (Italie, Belgique, Roumanie, Serbie, Turquie,…) en 2012 et 2013.

Quel calendrier ? classement des sites en France et en Belgique en 2014. Classement des sites dans les autres pays entre 2015 et 2018.

Quelle place pour les Etats-Unis dans ce projet Unesco ? Les principaux sites américains en Europe seront proposés au classement de l’Unesco. L’engagement du gouvernement américain pour le soutien de ce projet est capital. Le soutien du tissu associatif américain est essentiel.

Je sollicite ici votre soutien.

2) La deuxième échelle est Nationale.

L’initiative est celle de la création d’un comité franco-américain du Centenaire.

Pourquoi ce projet ?

pour l’histoire : les Etats-Unis jouent un rôle essentiel durant la première guerre mondiale – dès 1914 avec les volontaires - à partir de 1917 avec son armée – et ce rôle essentiel se développe en France.

pour la mémoire : des centaines de communes françaises gardent la trace de cette mobilisation américaine (traces de garnisons, traces d’équipement, traces de combats, traces funéraires).

Quelle ambition ? une ambition géographique. Le regroupement du plus grand nombre de communes françaises mémoires de l’intervention américaine en France. Une ambition programmatique – impulser et coordonner le plus grand nombre d’initiatives en particulier en 2017 et 2018.

Quelle structure ? la création d’un comité franco-américain regroupant des personnalités françaises et américaines, les responsables des associations françaises et américaines, les départements et les communes françaises mémoires de l’intervention américaine, les établissements muséographiques et les historiens français et américains.

Quel calendrier : création du comité en 2012.

Quelle place pour les Etats-Unis ? essentielle. Ce comité n’existera que si les Etats-Unis le décide – niveau fédéral – niveau des états – niveau des communes – niveau des associations – niveau des historiens.

Je sollicite ici, votre soutien.

3) La troisième échelle est Départementale.

L’initiative est celle de la structuration de l’espace mémoriel du département de la Meuse.

Pourquoi ce projet ?

pour l’histoire : le département de la Meuse est le territoire où a été créé l’armée américaine moderne – lors des 2 offensives de St Mihiel (septembre 1918) et de Meuse Argonne (octobre – novembre 1918).

Pour la mémoire : le département de la Meuse regroupe sur son territoire le plus grand nombre de traces mémorielles américaines (les deux plus grandes nécropoles, deux mémoriaux, plus de 50 monuments et stèles). Les légendes américaines sont inscrites dans ce territoire – le sergent York, le Lost Bataillon, le dernier mort du 11 novembre.

Quelle ambition ? structurer des circuits de visites, créer un espace muséographique franco-américain, animer régulièrement le calendrier commémoratif.

Quelle structure ? la Mission Histoire du Conseil Général est le maitre d’œuvre direct de ce dossier. Elle met en synergie les hommes et les femmes qui sont sur le terrain les acteurs de cette mémoire. De plus, elle porte un grand projet – celui de la création d’un musée franco-américain de la Grande Guerre.

Quel calendrier ? une montée progressive de l’action. Une mise en œuvre globale en 2017.

Quelle place pour les Etats-Unis ? une place centrale. La mémoire franco-américaine est une mémoire partagée. Elle n’est pas une addition de deux mémoires, elle en est la synthèse. La réussite de cette action passe par la mise en synergie de l’ABMC, des associations américaines, des associations françaises et des collectivités territoriales françaises et américaines.

Je sollicite ici, votre soutien.

Cent ans – un siècle. La Grande Guerre quitte le temps de la Mémoire pour entrer dans celui de l’Histoire. Plus que jamais la Grande Guerre doit s’imposer à nous comme un moment de notre histoire universelle – celle des nations – mais aussi – et dirais-je peut être encore plus– comme un moment de chacune de nos histoires familiales. Nous sommes tous des descendants de combattants de la Grande Guerre. Nous avons tous en nous cette histoire partagée. Il nous appartient, il vous appartient de faire de cette histoire un moment intense de la conscience universelle.

Je vous remercie."

 

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