Lieux et visites

Image Le Canon Max de Duzey

01/08/2010Lieu du Mois - Août 2010 - Le Canon Max de Duzey

Lieu du Mois - Août 2010

Le Canon Max de Duzey

Dans le Bois de Warphemont, sur la commune de Duzey (25 km au Nord-est de Verdun), se trouve un des rares sites (une trentaine seulement furent implantés sur le front Ouest au cours de la guerre) de canons lourds à longue portée installés par les Allemands durant la Première Guerre mondiale. Sorti de l'oubli grâce à un programme de réhabilitation et de mise en valeur historique mené en 1998-1999 par la communauté de Communes du Canton de Spincourt, le site du « Max de Duzey », tapi dans les bois de l'arrière-front allemand devant Verdun, offre aux visiteurs une étonnante plongée dans l'histoire de cette artillerie secrète.

Tunnel de Duzey
Tunnel de Duzey

Un canon de marine à pied sec

Dès l'automne 1914, les Allemands projettent de mettre en place des pièces à forte puissance et longue portée pour mener le siège des villes et places fortes françaises que l'invasion a mis à leur portée. C'est le cas de Verdun, entourée aux deux tiers par la Ve Armée allemande. Pour cela, des canons de marine, en cours de test pour doter des cuirassés de nouvelle génération, sont utilisés. Avec un calibre de 381 mm (38 cm) et une portée maximale de 45 km, ces 38SLK45 baptisés « Langer Max » surclassent les plus puissantes de pièces terrestres, notamment les fameuses « Berthas » de 42 cm. Dès décembre 1914, deux pièces sont déployées non loin de là à la Ferme de Sorel et à Loison. En septembre 1915, c'est au tour du « Max » de Duzey d'être installé sur un nouveau type de plate-forme plus performant, au sein d'une véritable base d'artillerie.

Chargement d'un obus
Chargement d'un obus

Une base secrète

Pour cela, on a aménagé un profond hémicycle en béton armé, « tel un pont de navire », avec en son centre le pivot sur lequel reposent les 220 tonnes du canon et de son affût. Cette disposition sur pivot rotatif permet de tirer dans toutes les directions et il est désormais possible de dresser le canon (17 mètres de long pour 77 tonnes) à 45° afin d'atteindre une portée de 45 km. Tout autour de cet encuvement, le site ponctué de reliques de ballast et de sacs de ciments figés sur place témoigne de l'impressionnant complexe, à l'instar des cales d'un navire , qui est déployé : abris de commandement, tunnels-ateliers pour le stockage sécurisé des obus et la préparation des charges de poudre, voies ferrées pour l'acheminement des matériels et des munitions, et en retrait, logement pour les ingénieurs et les Commandos de Marine chargés d'activer la batterie. Afin de préserver le secret du site, on y a multiplié les camouflages, et des pièces d'artillerie voisines sont chargées de tirer en même temps pour camoufler la flamme et le panache de fumée de la pièce. Pendant longtemps, les canons Max resteront des canons fantômes, inspirant en 1915 une aventure d'Arsène Lupin, « l'Eclat d'obus ».

Carte des 380 en Lorraine
Carte des 380 en Lorraine

Frapper loin et fort : le « Max » de Duzey en action

Vendredi 1er octobre 1915. 15h30. Le canon tire son premier obus sur Verdun, distante de 25 km. Le projectile de 750 kilos, propulsé à près de 1kilomètre par seconde par une charge de 120 kilos de poudre, met 30 secondes pour atteindre la ville. Ce jour là, Verdun recevra 16 obus : la ville compte ses victimes, et le canon a joué son rôle : il est capable de frapper loin et fort, touchant autant les défenses ceinturant la ville que le moral de ses défenseurs. Le 21 février 1916, à 4h15 du matin, c'est d'ici que partira le premier obus donnant le signal de l'offensive sur Verdun. Le canon reste actif durant la bataille de Verdun, puis est démonté en janvier 1917. Le site, que l'on envisagea un moment de classer Monument Historique, sombre vite dans l'oubli, jusqu'à sa renaissance récente au côté de la cité allemande d'arrière-front du « Camp Marguerre ».

Tir du 1er octobre sur le Mess des officiers à Verdun

Pour visiter :

Le site historique est en libre accès, fléchage routier depuis Spincourt, accès par l'axe Verdun-Etain (D 603) puis Etain-Spincourt (D618).
Sur place, facilités de parking VL et Bus.
Compter 45 mn pour la découverte du circuit historique long de 700 m.
Possibilité de visite guidée par un animateur du patrimoine du Pays d'Accueil Touristique de Damvillers-Etain-Spincourt, tél. : 03.29.87.87.50.

Pour en savoir plus sur les Canons « Max »

Rubrique écrite par Airy DURUP DE BALEINE,
chargé de mission à la Mission Histoire

Juillet 2010 Septembre 2010 

 Rembercourt-aux-Pots 

Lieu

du

Mois

Bois Brûlé 

Rembercourt-
aux-Pots
 Bois Brûlé 
Arrière-front
français
 Saillant
de Saint-Mihiel
 


Crédit Photo : Cuve de Duzey, Tunnel de Duzey - © Jacques GRISON
Chargement d'un obus - © DR
Carte des 380 en lorraine - © Codécom du Pays de Spincourt
Tir du 1er octobre sur le Mess des officiers  - © Collection Bibliothèque de Verdun
 

 

Lieux et visites

Stèle à la mémoire d’Henry Gunther
16/10/2018 Stèle à la mémoire d’Henry Gunther

Dernier Américain tué pendant la Première Guerre mondiale.

Lire la suite...
Le manège du quartier d’Anthouard
05/10/2018 Le manège du quartier d’Anthouard

Lieu

Lire la suite...
Les Forts de Douaumont et de Vaux
02/02/2015 Les Forts de Douaumont et de Vaux

Tarifs et horaires d'ouverture.

Lire la suite...
Le monument des ânes de Belleville-sur-Meuse
21/06/2018 Le monument des ânes de Belleville-sur-Meuse

Cette croix est située sur un chemin allant de Belleville à Fleury.

Lire la suite...