Lieux et visites

Image Les camps de prisonniers roumains

26/03/2012Lieu du Mois - Avril 2012 - Les camps de prisonniers roumains de la Grande Meuse

Lieu du Mois - Avril 2012

Les camps de prisonniers roumains de la Grande Meuse

Le 28 août 1916, la Roumanie entre en guerre aux côtés de l’Entente. Dans les tranchées de Verdun où la bataille fait rage, les Poilus en attendent un soulagement décisif. Pourtant, dès le 6 décembre 1916, le Feldmarschall August von Mackensen fait une entrée triomphale à Bucarest. Au début de l’année 1917, les trois quarts du pays sont occupés et, si des milliers de Roumains arrivent en Lorraine, ils débarquent derrière les lignes allemandes en tant que…prisonniers ! Plusieurs camps sont aménagés en Grande Meuse, dans le secteur du saillant de Saint-Mihiel, à Arnaville et à Bayonville-sur-Mad. Les prisonniers, victimes de la rancœur allemande, vont y vivre un véritable calvaire.

Arnaville

Stèle en l’honneur des cinq prisonniers roumains inhumés dans le cimetière communal d’Arnaville

I) Les raisons d’un voyage de 2000 kilomètres

Les soldats roumains sont transférés à 2000 kilomètres de leur lieu de capture pour y servir de main d’œuvre dans des commandos de travail. En effet, dès 1916, l’armée allemande est touchée par une pénurie d’effectif. Il lui est impossible de distraire du front des hommes aptes au combat. Comme les accords internationaux l’y autorisent, l’Allemagne décide donc d’utiliser les prisonniers roumains pour effectuer les travaux d’aménagement sur l’immédiat arrière-front : creusement de tranchées, entretien des chemins, transports de matériels,…

Val de Patre

Le cimetière militaire roumain du Val de Pâtre

II) Les lieux d’internement en Grande Meuse

La présence des prisonniers roumains dans le secteur du Bois-le-Prêtre, département de Meurthe-et-Moselle, est relativement modeste, de l’ordre de quelques dizaines. Il est impossible de donner des chiffres précis, étant donné que les archives de l’autorité militaire allemande ont aujourd’hui disparu dans les brasiers des bombardements de la seconde guerre mondiale. Grâce à des recoupements de témoignages oraux, il est possible d’affirmer qu’un commando de 15 à 20 prisonniers fut logé sur le territoire d’Arnaville. Une autre vingtaine de prisonniers fut cantonnée dans le village de Bayonville-sur-Mad.

III) Une rancœur allemande à l’origine de mauvais traitements

La déclaration de guerre de la Roumanie fut ressentie, non seulement par les dirigeants mais par l’ensemble des populations de la Triplice, comme une trahison. Expliquer les raisons de cet état d’esprit impliquerait de relater les méandres de la diplomatie internationale de 1883 à 1916 et déborderait largement du cadre de notre article. Quoiqu’il en soit, une majorité des soldats de l’armée allemande éprouvent du mépris, pour certains de la haine, à l’égard des prisonniers roumains. Les premiers mois d’internement, à l’hiver 1917, sont les plus durs et les prisonniers souffrent de la faim, du froid, de sévices et d’un manque de soins.

Les prisonniers affectés dans le secteur du saillant de Saint-Mihiel ne font pas exception à ce constat général. A Arnaville, les Roumains furent d’abord détenus dans une maison dont les fenêtres du rez-de-chaussée avaient été dotées de barreaux, puis dans de simples tentes installées sur une prairie humide, à l’ouest du village. Dans la localité de Bayonville-sur-Mad, les détenus dormaient dans un baraquement de bois. Sur une petite cinquantaine de détenus, neuf laissèrent leurs vies. Au total, 2 344 prisonniers roumains décédèrent en Alsace-Lorraine, en 1917-1919.

IV) La mémoire de ces évènements

Les populations civiles des villages d’Arnaville et de Bayonville-sur-Mad, tentèrent, dans la mesure de leurs faibles moyens, d’apporter un peu de soulagement à la misère des détenus. Les enfants échangeaient du pain contre de petits jouets en bois confectionnés par les artisans et paysans roumains, amenés à porter les armes et l’uniforme par le cours de l’Histoire.

Tombes roumaines à Bayonville

Tombes roumaines dans le cimetière de Bayonville-sur-Mad

Dans le cimetière communal d’Arnaville, sous une stèle portant l’inscription « Aux glorieux morts alliés », reposent les dépouilles de cinq prisonniers roumains. Dans l’enceinte du cimetière de Bayonville, quatre soldats roumains étaient initialement inhumés. Trois d’entre eux furent transférés, le 12 août 1924, à la nécropole nationale de Flirey.

De nos jours, le plus important lieu de mémoire des prisonniers roumains d’Alsace-Lorraine reste le cimetière militaire roumain du Val du Pâtre, sur le territoire de la commune de Soultzmatt, avec ses 680 corps, dont 555 en tombes individuelles et 125 en deux ossuaires.

Par Romain SERTELET

Source :

NOUZILLE Jean, Le calvaire des prisonniers de guerre roumains en Alsace-Lorraine 1917-1918, Bucarest, Editions – SEMNE’94, 1997.

Mars 2012 Mai 2012

Village détruit de Douaumont

Lieu

du

Mois

Bois de la Gruerie

Le village
de Douaumont
 Bois de la Gruerie
Champ de bataille
de Verdun
 Argonne

Crédit Photo : Cimetière à Arnaville - © www.bel-memorial.org
Cimetière du Val de Patre - © Commune de Soultzmatt-Wintzfeldenw
Tombes roumaines à Bayonville - © http://jmpicquart.pagesperso-orange.fr

 

Lieux et visites

Terrain d'aviation d'Amanty
23/05/2017 Terrain d'aviation d'Amanty

Lieu

Lire la suite...
Le fort de Landrecourt
05/07/2017 Le fort de Landrecourt

Monument

Lire la suite...
Hôpital militaire, Deuxnouds-devant-Beauzée
05/07/2017 Hôpital militaire, Deuxnouds-devant-Beauzée

Lieu

Lire la suite...
Visites estivales cimetière Meuse-Argonne
01/07/2017 Visites estivales cimetière Meuse-Argonne

Visites

Lire la suite...