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Image Le terrain d’aviation de Souilly

15/12/2011Lieu du Mois - Décembre 2011/Janvier 2012 - Le terrain d’aviation de Souilly

Lieu du Mois - Décembre 2011 / Janvier 2012

Le terrain d’aviation de Souilly

Les avions de la Grande Guerre sont de robustes machines, capables de se poser sur des terrains très variés. Nombreux étaient les pilotes de chasse victorieux qui n’hésitaient pas à se poser à proximité du point de chute de leur victime pour récupérer un quelconque souvenir. Les pistes sont donc facilement aménageables. Cependant, les appareils faits de toile, de bois et de nombreux câbles parfaitement réglés, ne peuvent souffrir la moindre exposition aux intempéries. Ils doivent donc être placés à l’abri dans de vastes hangars. Enfin, l’autonomie limitée des machines, deux heures à deux heures et demie de vol, oblige à implanter des terrains d’aviation au plus près du front. L’ensemble de ces considérations explique l’aménagement d’un aérodrome à Souilly et sa configuration.

Vue aérienne du terrain d'aviation de Souilly

I) Souilly ou l’archétype du terrain de campagne :

A la fin de l’année 1915 et au début de 1916, l’aéronautique militaire commence à monter en puissance. Des terrains sont donc aménagés pour accueillir les avions de plus en plus nombreux. Les travaux du terrain de Souilly auraient débutés en 1916. Situé en bordure de la route qui conduit vers Senoncourt-lès-Maujouy, le champ d’aviation se trouve à proximité de la Voie Sacrée. Le choix du site de Souilly est dicté par un compromis entre la recherche de la proximité du front tout en restant hors de portée des canons allemands. Principalement composé de hangars, appelés « bessonneaux », pour abriter les avions, l’aérodrome compte également plusieurs baraquements pour le stockage des matériels et munitions ou l’hébergement du personnel (mécaniciens, pilotes, officiers, …).

A la veille du déclenchement de la bataille de Verdun, l’essentiel des appareils français est concentré dans les aérodromes proches de Verdun. Celui de Souilly, est alors considéré comme un terrain de seconde ligne. La situation change radicalement le 21 février et de nombreuses machines viennent trouver refuge sur le champ d’aviation de Souilly. On peut citer l’escadrille MF 63, dont les avions gagnent le terrain en mars 1916.

Joffre félicite les pilotesL’heure de gloire de l’aérodrome intervient le 28 juillet 1916. Ce jour, un Albatros, touché au réservoir par des appareils de la N 57, est contraint d’atterrir sur la piste de Souilly. Cet événement est déjà en soi très marquant pour le personnel du terrain. Mais une surprise plus grande les attend quelques minutes plus tard, lorsque le généralissime Joffre, en inspection dans le secteur et témoin de l’affrontement, arrive sur place pour féliciter les pilotes victorieux !

Stèle en mémoire de Catteau et Labrie à SouillyL’activité du terrain de Souilly reste intense et au terme des hostilités, dix-huit escadrilles différentes y ont stationné. La plus emblématique est la N 23 qui y resta 26 mois consécutifs (de décembre 1916 à janvier 1918). Elle a accueilli dans ses rangs bon nombre d’as (le capitaine Robert-de-Beauchamp, Guynemer, Navarre, …). A partir de 1918, les appareils de la toute jeune aéronautique américaine opèrent à partir de Souilly pour soutenir les offensives sur le saillant de Saint-Mihiel et l’Argonne.

Au lendemain de la guerre, tous ces aérodromes militaires, devenus inutiles, sont rapidement désertés. Les infrastructures, souvent légères sont démantelées et la terre rendue à l’agriculture. Aujourd’hui, il ne reste aucun vestige du terrain d’aviation de Souilly. Seule une stèle entretient la mémoire de l’adjudant Gilbert Catteau et du sous-lieutenant André Labrie, tués accidentellement, le 29 août 1916, au retour d’une mission de reconnaissance.

II) La bataille aérienne de Verdun ou la naissance de l’idée de « supériorité aérienne » :

Si la bataille terrestre de Verdun débute le 21 février 1916, il en est différemment pour sa composante aérienne. Dès décembre 1915, les appareils allemands s’attachent à tenir en échec toutes les missions de reconnaissances françaises sur le futur champ de bataille. Le succès est au rendez-vous, puisque ce n’est que quelques heures avant l’assaut que les avions français rapportent l’ampleur des préparations de la V. Armee.

Soldats Dutruel, Vaulogé et Mortemart de la N23 en 1917A la veille du déclenchement du Trommelfeuer, les Luftstreitkräfte alignent dans le secteur de Verdun, le chiffre impressionnant de 280 machines opérationnelles. L’aéronautique française ne peut opposer à cette concentration que 70 avions. Le 21 février la chasse allemande nettoie le ciel de toute présence française, en abattant notamment tous les ballons d’observation.

Soldats Dutruel, Vaulogé et Mortemart de la N23 en 1917

Simultanément, l’artillerie lourde allemande prend pour cible les terrains à sa portée, notamment ceux du Faubourg-Pavé et du Rozelier. Alors qu’ils sont déjà en infériorité numérique, les aviateurs français sont plongés dans une terrible désorganisation. Plusieurs escadrilles sont contraintes de se replier sur des terrains d’aviation plus éloignés, comme ceux de Souilly, Vadelaincourt, Senoncourt et Lemmes. Pendant plusieurs jours, le ciel meusien est allemand.

Le 28 février 1916, le général Pétain concentre le commandement de l’ensemble des escadrilles françaises de Verdun entre les mains du commandant Tricornot de Rose. Pour lui exposer l’importance de sa mission, le général Pétain ne mâche pas ses mots : « Rose, balayez-moi le ciel ! Je suis aveugle ! […] Si nous sommes chassés du ciel, alors c’est simple, Verdun sera perdu ».

Les renforts et les pilotes de talent affluent dans le secteur menacé ; de Rose les réunis dans une structure inédite, le Groupement de Combat. Les appareils de chasse ne se contentent plus d’escorter les bombardiers et les avions de reconnaissance. Ils décollent en groupes de 3 à 20 appareils et effectuent des missions de « chasse libre ». L’objectif est de quadriller le ciel pour détecter et combattre tout appareil ennemi repéré. Les résultats ne se font pas attendre et l’aéronautique française commence à relever la tête.

L’adjudant Maxime Lenoir

L’adjudant Maxime Lenoir

De Rose n’a pas que des alliés au sein du GQG. Les adversaires de ses théories parviennent à l’écarter et obtiennent même la dissolution de son unité et le retour des chasseurs à de simples missions d’escorte. Toutefois, la réalité du terrain met en lumière l’erreur que constitue cette décision. Le 28 mars le Groupement de Combat est reformé et à sa tête est placé l’adjoint du commandant de Rose, le commandant Le Révérend. A l’arrivée du mois de mai, les aviateurs français gagnent la supériorité aérienne. Les appareils d’observations français peuvent reprendre l’air sans courir des risques démesurés.

Commandant Tricornot de RoseLa tactique mise au point par de Rose est efficace mais aussi coûteuse. Une présence française permanente dans le ciel de Verdun oblige à durement solliciter les hommes et les matériels. Pour accomplir leur mission de chasse, les appareils s’aventurent au-delà des lignes allemandes et entre le 21 février et le 1er juillet 1916, plus de 100 aviateurs disparaissent. De nombreux as français se distinguent lors de la bataille de Verdun, au premier rang desquels figure Jean Navarre de la N 67, qui gagne le surnom de « sentinelle de Verdun ».

Commandant Tricornot de Rose

Par Jean-Bernard LAHAUSSE et Romain SERTELET

Remerciements :

Jérôme Nicolas, Musée de la Voie Sacrée

Pour en savoir plus :

CHAGNON Louis, « 1916 ou l’année de rupture en matière d’utilisation de l’arme aérienne », in La Revue historique des armées, n°246, 2006.

SCIACCO Gaëtan, « La bataille aérienne de Verdun », sur www.stratisc.org 

Novembre 2011 Février 2012

Citadelle souterraine - Lieu du choix

Lieu

du

Mois

 Maison de Dos Passos 

Citadelle
souterraine -
Lieu du choix
 Maison de
Dos Passos
Verdun Arrière-front
français

Crédit Photo : Terrain d’aviation de Souilly photographié par l’armée américaine en 1918 - © AMVS
Joffre félicite les pilotes - © SHAA
Stèle en mémoire de Catteau et Labrie à Souilly - © Photo Géraud Guillerez - albindenis.free.fr

Soldats Dutruel, Vaulogé et Mortemart de la N23 en 1917- © Source D. Barbey
Adjudant Maxime Lenoir - © Archives J. Lecour
Commandant Tricornot de Rose - © SHD section Air de Vincennes

 

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