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Image Maison des fusillés

16/09/2013Maison des fusillés à Etain

Lieu du Mois – Septembre 2013 

Maison des fusillés à Etain 

Le canton d’Etain au milieu d’une bataille sanglante 

Située dans le sud du département de la Meuse, dans la Woëvre, Etain se trouve au mois d’août 1914 non loin des combats. Cependant, depuis le 5 octobre 1913, le 8ème BCP y tient garnison.

Défilé du 8ème BCP en 1914

Défilé du 8ème BCP en 1914

Dès la mi-août, de nombreuses reconnaissances allemandes sont effectuées et un bombardement de la ville et de ses points névralgiques (gare, casernes, …) y est même orchestré dans la journée du 17 août 1914.

Devant l’avancée des troupes allemandes, l’armée française évacue dès le 23 août la ville et invite les Stainois à faire de même. Le dernier train d’évacuation quitte la ville le 24 août 1914 à 14h30, soit une heure après les premiers bombardements allemands. Dès lors, de nombreuses familles, qui n’ont pas souhaité laisser leurs biens, s’abritent dans leurs caves.

Le 25 août, les Français brisent la poussée allemande mais, sur ordre de l’état-major, se replient dans la nuit du 25 au 26 août 1914 vers la Somme. Cette retraite livre malheureusement une grande partie de la Woëvre aux troupes ennemies.

De nombreuses communes du canton d’Etain sont anéanties pendant la bataille d’Etain-Buzy. Les combats acharnés des 24 et 25 août et le déluge d’obus allemands ont raison de la résistance française qui laisse le 26 août 1914 les Allemands aux portes d’Etain.

Etain : 4 ans d’occupation allemande

Détruite en grande partie, la ville d’Etain n’est pas tout de suite occupée par les Allemands car de nombreux assauts français sont menés en septembre 1914. Les troupes allemandes n’organisent une défense solide de la ville stainoise qu’à partir d’octobre 1914 après avoir pillé les habitations évacuées et sécurisé les rues et les axes de la ville.

Dès lors, les Allemands y installent des bureaux, des lieux de repos ainsi qu’une voie ferrée reliant Etain à l’arrière-front. Ils aménagent également un observatoire dans le clocher des ruines de l’église Saint-Martin.

Tout au long du conflit, pour gêner une implantation définitive allemande, l’armée française bombarde Etain. Le 11 novembre 1918, jour de l’Armistice, les Allemands quittent une ville en ruines laissant les Alliés y pénétrer le jour suivant.

Etain 1918

Panorama d'Etain en 1918

La ville, citée à l’ordre de l’Armée, reçoit la Croix de guerre le 9 septembre 1920.

La reconstruction de la commune est permise, après la guerre, grâce aux dons de la ville de Morteau (Franche-Comté) et du fait de son adoption par l’île de la Martinique. Etain et ses principaux édifices sont reconstruits. Et le 24 juillet 1926, le conseil municipal décide de donner à la Place située devant l’église le nom de « Place de la Martinique ». La Commune d’Etain témoigne ainsi sa reconnaissance envers la Martinique, devenue sa marraine et bienfaitrice.

A la fin de la guerre, on dénombre 112 poilus morts pour la défense de la ville, 5 civils tués lors des bombardements du 24 août 1914 ainsi que 19 civils fusillés en septembre 1914.

Des fusillés ? Mais pourquoi ?

Plaque des fusillésDès le 26 août 1914, les derniers résidants d’Etain doivent cohabiter avec l’occupant allemand qui les surveille étroitement. Les habitants vivent alors dans la peur et se réfugient dans leurs caves à cause des bombardements de l’artillerie française. Sur ordre allemand, les Stainois ont interdiction de s’éclairer et de se déplacer sans autorisation.

Plaque à la mémoire des 19 fusillés

Depuis les actes de barbarie de Rouvres-en-Woëvre où les Allemands ont pillé, incendié et tué 86 civils et 29 soldats, les Stainois sont terrorisés. Malheureusement, au cours du mois de septembre 1914, Etain va connaître un pareil événement.

À la mi-septembre, 19 habitants d’Etain sont pris en otage par les troupes ennemies. Les Allemands les accusent de communiquer par signaux avec les lignes françaises. Le lendemain de leur détention, pendant la nuit, les signaux se reproduisent. Sur ces « preuves », les Stainois sont conduits route de Longwy et fusillés contre un mur.

Jetés dans une fosse commune, les corps sont découverts après guerre, en juin 1920, suite au témoignage d’un mosellan de la région de Thionville. Cet homme indique au maire d’Etain, M. Didion, qu’il a aperçu, au cours d’un ravitaillement des populations envahies, en octobre 1914 un écriteau faisant référence à cet événement.

Le témoin indique dès lors un endroit qui se trouve à l’entrée de la ville et la découverte des 19 corps est faite en présence du maire d’Etain et de Maître Cathelinaux, juge de paix.

Inauguration Monument Etain

Inauguration du monument en présence de Raymond Poincaré

Le 10 juillet 1920, la ville d’Etain organise des funérailles solennelles et érige un monument rendant hommage aux 19 fusillés. Situé dans le cimetière civil, l’édifice se trouve à proximité du monument de la guerre de 1870.

Maison des fusillés

Maison des fusillés

En 1989, la commune acquiert la Maison des Fusillés et après une rénovation totale de la demeure érige une plaque commémorative portant les noms et l’âge des victimes. Un panneau informatif y est également implanté pour rappeler ces événements.

Par Jean-Bernard LAHAUSSE et Romain SERTELET

Sources : Etain d'Hier à Aujourd'hui et Ville d'Etain

Juillet/Août
2013 
 Octobre 2013

Mémorial de Montsec 

Lieu

du

Mois

Villa russe

Mémorial de
Montsec 
 Villa d'officiers
russes 
Saillant de
Saint-Mihiel
 Verdun

Crédit Photos : Défilé du 8ème BCP / Panorama d'Etain en 1918 / Inauguration du monument - © Ville d'Etain - EHA
 Plaque à la mémoire des fusillés / Maison des fusillés - 
© Jean-Luc KALUZKO

 

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