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Image L'église St-Gérard de Marbotte

01/07/2010Monument du Mois - Juillet 2010 - éGLISE SAINT-GéRARD DE MARBOTTE

Monument du Mois - Juillet 2010

L'église St-Gérard de Marbotte

Le village de Marbotte, situé au sud de la route Saint-Mihiel – Apremont, tenue par les Allemands pendant la Première Guerre mondiale, appartient alors à l'arrière-front français. 

« ... les dalles ici sont imbibées de sang... » 

L'église Saint-Gérard, construite en 1781, est la seule construction du village épargnée par les obus. Avant d'être le temple de la mémoire du 8e corps qu'elle est maintenant, cette modeste petite église fit office de morgue pour les corps des soldats français tués dans les combats du Bois d'Ailly et de la forêt d'Apremont : « C'est dans cette église que reposaient les cadavres de nos camarades ramenés des lignes en attendant que fussent prêtes leurs tombes dans les cimetières avoisinants. Des milliers de cadavres sont venus ici tour à tour. On les étendait devant le choeur, on les recouvrait d'une toile de tente. Une bénédiction, une prière, une dernière visite des camarades en réserve à l'étang. Puis le grand repos dans la grande nuit. Les dalles sont ici imbibées de sang... » (adjudant Jacques Péricard). Et l'abbé Bringer note le 29 octobre 1914 : « Souvenir d'une messe dans l'église de Marbotte. Je n'avais pas de servant; l'assistance se composait de deux prêtres soldats étendus dans le sanctuaire sous un drap mortuaire et, dans la nef, les cadavres étaient si serrés qu'il m'avait fallu, pour aller au choeur, enjamber les bancs ».

Le choeur de l'église

Dans le choeur, l'autel du souvenir, bénit en 1922, est le centre religieux du champ de bataille symbolisé par la multitude des croix sur les murs convergeant vers l'autel. Celui-ci unit au sacrifice du Christ le sacrifice des soldats, représenté dans le bas-relief, et celui des mères, évoqué par la Pietà. A gauche, un vitrail où le Sacré-Coeur de Jésus domine un soldat mourant en uniforme à pantalon rouge de 1914 (atelier Graff et Adam, Bar-le-Duc, 1922). A droite, un vitrail de la Vierge des douleurs avec, au-dessous, le premier pèlerinage de la veuve et des orphelins à la tombe de l'époux et du père.

Les vitraux de la mémoire

Vitrail Marbotte

Dans la nef, les vitraux commémoratifs évoquent le Marbotte ancien, qui fut une commanderie de l'ordre des Templiers, ainsi que le martyr des 30 000 morts français du secteur appartenant principalement au 8e corps (vitraux inaugurés le 27 août 1922 et le 28 août 1932) :

1er vitrail : Les Hospitaliers de Saint-de-Jérusalem reçoivent de Raymond du Puy (1120) leur constitution définitive et leur épée qu'ils s'engagent à tirer seulement contre les ennemis de la foi. Etablis à Marbotte vers 1150, ils y demeurent jusqu'en 1792 (vitrail dédié à l'abbé Hance, curé de Marbotte). Le vitrail est inspiré d'une toile de la galerie des Croisades au château de Versailles.

2e vitrail : « Debout les morts !». Saint-Michel soutient les troupes françaises en uniforme de 1915 assaillies par des soldats allemands portant le casque à pointe. C'est au cours d'un assaut allemand au Bois Brûlé le 8 avril 1915 que l'adjudant Péricard (95e régiment d'infanterie), dans une défense désespérée, lance son exhortation devenue célèbre. Sentant ses hommes faiblir et ne voyant que des morts et des blessés autour de lui, il ranime les courages au cri de « Debout les morts !», formule du jargon militaire par laquelle le caporal de jour réveille les conscrits dans leur chambrée le matin (Jules Adam, peintre-verrier à Paris et Bar-le-Duc, 1925-1926).

Debout les Morts

3e vitrail : Tranchée de la Soif. Jeanne d'Arc soutient la résistance des soldats français cernés par les Allemands. Au premier plan, le commandant d'André. Détail macabre : des débris humains sortent de terre. Cette tranchée prend son nom lorsque le commandant d’André (commandant le 2e bataillon du 172e R.I.) se trouve encerclé, avec une de ses compagnies (la 7e), du 20 au 22 mai 1915. Les hommes font face aux assauts allemands, sans vivres et sans eau pendant trois jours, avant de se rendre, encerclés (Jules Adam, peintre-verrier à Paris et Bar-le-Duc, 1925-1926).

Tranchée de la Soif

4e vitrail : La prière aux morts du 8e corps dans l'église du souvenir. Un prêtre assisté d'un enfant de choeur célèbre l'Eucharistie. Au registre supérieur, Saint Gérard patron de la commune implore la médiation de la Vierge en faveur des âmes des soldats. Les morts sont étendus sur le sol de l'église, dans l'attente d'une inhumation (vitrail dédié à l'abbé Marquet, fondateur de l'oeuvre du souvenir de Marbotte, 1920-1926), (Joseph Benoit maître-verrier à Nancy, 1932).

Sur les murs, les drapeaux offerts par les familles et les amicales régimentaires (29e, 171e, 227e, 172e, 134e R.I.) montent une garde d'honneur perpétuelle auprès des nombreuses plaques posées par les familles de soldats tués au Bois d'Ailly et à la forêt d'Apremont.

Un futur centre d'interprétation des combats du saillant de Saint-Mihiel L’aménagement du village de Marbotte, afin d’en faire le site phare du saillant de Saint Mihiel, est un des 32 projets mémoriels du Temps de l’Histoire mis en oeuvre par la Mission Histoire du Conseil général de la Meuse.

Rubrique écrite par Franck MEYER,
chargé de mission à la Mission Histoire

Juin 2010
Août 2010

Monument Juin 2010

Monument

du

Mois

Monument à
la Victoire

 Ossuaire
à Verdun

 à Douaumont

Crédit Photo : Eglise de Marbotte - © Mission Histoire

 

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