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Image Chiquito de Cambo

07/06/2012Biographie du Mois - Juin 2012 - Chiquito de Cambo, du lancer de pelote au lancer de grenade…

Biographie du Mois - Juin 2012

« Chiquito de Cambo », du lancer de pelote au lancer de grenade…

« Les experts du monde de la pelote disaient de moi que j’étais un « phénomène »… Mais un autre « phénomène » de la pelote, plus âgé que moi : Arué, menait alors la danse dans le domaine de la pelote, écrasant tous ses adversaires. Au fil des parties, nous nous sommes rencontrés, pour apprendre à nous « estimer »… Cependant, à compter de 1899, je vais prendre le dessus dans une partie retentissante à Cambo, où je bats Arué par 60 à 33 ! La foule est en liesse et on me sacre, moi, Chiquito de Cambo, champion du monde !, même le roi d’Angleterre, Edouard VII veut me voir jouer ! »

I) Du joueur de rue au champion du monde

Chiquito ApesteguyJoseph Apesteguy nait le 20 mai 1881, à Cambo-les-Bains, dans une famille de modestes agriculteurs, parents de quatorze enfants. En partie livré à lui-même, le jeune Joseph erre souvent dans le village, et notamment du côté du Café-Hôtel du Trinquet. Le propriétaire de l’établissement éprouve de l’affection pour le garçon et lui offre son premier travail, à 14 ans. Joseph Apesteguy passe une grande partie de son temps libre à jouer à la pelote basque. Passion familiale puisque deux de ses frères pratiquent également ce sport avec assiduité et une certaine réussite.

A 17 ans, Joseph Apesteguy est devenu un véritable colosse mesurant 1,95 mètre et pesant 90 kilos. La connaissance de son talent d’exceptionnel joueur de pelote basque est déjà bien établie dans sa région. La consécration définitive intervient le 23 septembre 1899, lors de sa victoire (60-33), « à domicile » à Cambo-les-Bains, face au champion du monde, Arué. Il y gagne son célèbre surnom « Chiquito de Cambo » (« Le petit de Cambo »). Il conserve le titre de champion du monde de 1900 à 1914 et de 1919 à 1923. Sa réputation dépasse les frontières de la France et s’étend, assez logiquement, à l’Espagne et le joueur rencontre le roi Alphonse XIII. Plus étonnante est sa rencontre avec le roi d’Angleterre, Edouard VII.

Chiquito rencontre le Roi d'Angleterre

Rencontre de Joseph Apesteguy et du roi Edouard VII

II) 1914-1918 : Joseph Apesteguy garde la main au front à la grande joie des correspondants de guerre !

Apesteguy à la guerreA la déclaration de guerre d’août 1914, Joseph Apesteguy rejoint les rangs de l’armée française. Son engagement patriotique est total et, plusieurs fois blessé, il est cité à l’ordre de l’armée. Il aurait délivré des lancers de grenades à des distances hors du commun à l’aide de sa chistera. A son retour à la vie civile, Joseph Apesteguy reste très discret sur son parcours de soldat et il est donc ardu de faire la part entre légende et réalité. Des essais tendraient à conclure à l’impossibilité de lancer des grenades à l’aide d’une chistera. Toutefois, dans l’ignorance des conditions de ces expériences et du type de grenade employé, il est hasardeux d’exclure la chistera du champ des possibilités.

Quoiqu’il en soit, l’exhumation d’un article du 11 février 1915 du journal J’ai vu, confirme ses qualités de grenadier à main nue. Sur la photo d’illustration, il semble que Joseph porte, suspendu à son ceinturon, un bolea, gant plat utilisé par les pelotari. L’hypothèse de l’emploi de cet instrument de jet est séduisante car il est facile à ajouter au paquetage réglementaire, contrairement à l’encombrante chistera.

III) Un emblème reconnu et à la mémoire entretenue

Malgré les épreuves traversées, Joseph Apesteguy réussit l’exploit de poursuivre sa carrière au plus haut niveau et de conserver de 1919 à 1923 son titre de champion du monde. Le 12 septembre 1946, il joue son ultime partie contre Urruty, au fronton de Paris. La rencontre est filmée pour les besoins d’un reportage d’une équipe journalistique de l’Eclair-Journal. Joseph Apesteguy est inhumé dans sa commune de naissance, le 29 décembre 1950.

Aujourd’hui, Joseph Apesteguy n’est pas oublié, surtout dans sa localité de naissance. Pour le centenaire de son match avec Arué, la municipalité de Cambo a apposé une plaque sur le fronton municipal. Une rue du vieux Cambo porte également son nom. Enfin, la ville, chaque mois de septembre organise les « Journées Chiquito ».

Stèle en mémoire de Chiquito

Stèle en l’honneur de Chiquito de Cambo à proximité du fronton de Cambo-les-Bains

Par Romain SERTELET

Mai 2012 Juillet/Août 2012

Otto Dix

Biographie

du

Mois

Monseigneur Ginisty

Otto Dix Monseigneur
Ginsity

Crédit Photo : © Chiquito de Cambo
Rencontre de Joseph Apesteguy et du roi Edouard VII / Stèle Chiquito de Cambo - © http://photos.piganl.net
Chiquito pendant la Grande Guerre - © « J'ai vu » du 11 février 1915

 

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