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Image Le commandant Raynal

22/01/2015Le commandant Raynal et l’envoi du dernier pigeon

Biographie du mois – Décembre 2014/Janvier 2015 

Le commandant Raynal et l’envoi du dernier pigeon 

De l’Algérie à l’enfer des tranchées

RaynalSylvain Eugène Raynal est né le 3 mars 1867 dans une famille protestante bordelaise. Ses parents sont artisans et lui inculquent le sens du travail et des responsabilités.

Après une scolarité au lycée d'Angoulême (Charente), il intègre l'école militaire de Saint-Maixent (Deux-Sèvres). A sa sortie, il est incorporé au sein du 7ème régiment de tirailleurs de Constantine et découvre l'Algérie. De 1902 à 1913, il est nommé à Paris où il sert sous les ordres de Guillaumat.

Sylvain Eugène Raynal

Fervent patriote, il défend tout de même l'action de Jaurès concernant le non-déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il est de nouveau affecté à Constantine où il prend connaissance de l'entrée en guerre de la France à l'été 1914.

Blessé en septembre 1914 au cours de la bataille de la Marne, puis au Nord d’Arras en Novembre 1914, lors du bombardement de son poste de commandement, il est hospitalisé pendant dix mois avant de retourner au combat le 1er octobre 1915.

Suite à une nouvelle blessure à l’automne 1915 en Champagne, provoquée par un tir de shrapnels, Raynal subit une nouvelle convalescence. Il est promu officier de la Légion d'honneur.

Bientôt plongé dans l’enfer de Verdun

A la fin 1915, l'offensive allemande se concentre sur le secteur de Verdun sous la direction du Kronprinz, fils aîné du Kaiser. La bataille de Verdun débute le 21 février 1916 au bois des Caures. Elle va durer 300 jours.

Après la chute du fort de Douaumont, le 25 février 1916, l'état-major allemand décide début mars 1916, d’intensifier ses attaques sur Verdun. Place avancée, le fort de Vaux, défendu par une garnison de 300 hommes, devient rapidement un objectif majeur pour l’armée allemande.

Conscient de l’enjeu, l’état-major français déploie au fort de Vaux un renfort de plus de 250 hommes. Les Allemands veulent s’emparer du fort et les bombardements sont violents.

Raynal - Fort de Vaux

Le poste de commandement de Raynal au fort de Vaux

Raynal, encore convalescent, se porte volontaire pour servir à Verdun et prend le commandement du fort de Vaux le 24 mai 1916. Fin mai, les fantassins français combattent sur une ligne de défense en avant du fort.

Le 1er juin 1916, les troupes allemandes lancent une attaque massive sur l’ouvrage. Rapidement, les unités qui défendent l’extérieur du site sont décimées et obligées de se replier à l’intérieur du fort. L'agonie du fort de Vaux débute.

La mission du pigeon « Vaillant » : ultime chance de Raynal et de ses hommes ?

QuiquiLorsque le fort de Vaux est encerclé le 2 juin 1916, le commandant Raynal compte à ses côtés plus de 500 hommes, quatre pigeons voyageurs, et un cocker répondant au nom de « Quiqui », qui appartient à l’un des soldats, mais auquel Raynal est très attaché.

Raynal avec Quiqui

VaillantEntre le 2 et le 7 juin 1916, Raynal résiste avec ses hommes aux attaques répétées des Allemands.

Vaillant, matricule 787-15

Isolé, il envoie le 4 juin à 11h30 son dernier pigeon voyageur portant le matricule 787-15. Dénommé « Vaillant », il est porteur du message suivant : « Nous tenons toujours, mais nous subissons une attaque par les gaz et les fumées très dangereuses ; il y a urgence à nous dégager. Faites-nous donner de suite communication optique par Souville qui ne répond pas à nos appels. C'est mon dernier pigeon. Raynal. »

Sans réponse, manquant d'eau potable et dans l'impossibilité de voir sa position être dégagée par des renforts, Raynal remet la reddition du fort de Vaux, le 7 juin 1916 au matin. Un groupe de 250 survivants éreintés, meurtris, assoiffés et à bout de force finit par déposer les armes.

Une captivité jusqu’à l’Armistice

Son messager volant a tout de même réussi sa mission. Gravement intoxiqué par les gaz de combat, le pigeon arrive mourant au colombier de Verdun mais vit encore quelques années. Il reçoit également le privilège d'être cité :

« Malgré les difficultés énormes résultant d’une intense fumée et d’une émission abondante de gaz, a accompli la mission dont l’avait chargé le commandant Raynal, unique moyen de communication de l’héroïque défenseur du fort de Vaux, a transmis les derniers renseignements qui aient été reçus de ce officier fortement intoxiqué, est arrivé mourant au colombier. »

Plaque Pigeon Fort de Vaux

Plaque du Fort de Vaux en hommage aux pigeons et à Vaillant

Prisonnier, Raynal est détenu à Mayence du 11 juin 1916 jusqu'en novembre 1917. Il passe ensuite trois mois à Stressburg en Prusse Orientale. A partir du 30 mars 1918 jusqu'à sa libération le 4 novembre, il est retenu en Suisse, à Interlaken.

Sylvain Eugène Raynal se retire après guerre à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) où il y séjourne jusqu'à sa mort le 13 janvier 1939.

Une plaque a été apposée en 1966, à l'occasion du cinquantenaire de la Bataille de Verdun, sur son dernier domicile au 36 de la rue Denfert-Rochereau à Boulogne-Billancourt.

Novembre 2014 Février 2015

André Maginot

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du

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André Maginot Henry Herduin
et Pierre Millant 

Crédits Photos : Sylvain Eugène Raynal - © Wikpédia
Le poste de commandement de Raynal au fort de Vaux - © Mission Histoire
Raynal avec Quiqui - © Est Républicain
Vaillant - © Droits réservés
Plaque du Fort de Vaux en hommage aux pigeons et à Vaillant - © Mission Histoire

 

Ressources

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