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Image Le diable au corps

09/09/2013Le diable au corps

Film du Mois - Septembre 2013 

Le diable au corps 

Notice filmographique :  

Le diable au corps, d’après le roman éponyme de Raymond Radiguet, Claude Autant-Lara, 1947, Universal Film S.A., 110 minutes

Avec Micheline Presle et Gérard Philippe

Le diable au corpsAdapté du roman éponyme de Raymond Radiguet, Le diable au corps ne concerne pas la guerre elle-même mais évoque les entraves qu’elle apporte aux relations sentimentales. Il relate l’histoire d’un amour passionnel et tragique entre un adolescent de 16 ans, François Jaubert (Gérard Philippe), et la femme d’un soldat du front, Marthe Grangier (Micheline Presle).

Pour cette adaptation, Claude Autant-Lara a pris quelques libertés importantes avec l’œuvre originale. La structure linéaire du roman est transformée. On suit la progression des protagonistes par de nombreux flashbacks. Tout commence, le jour de l’Armistice où François, marche seul à contre-courant d’une foule en liesse. Ayant appris le décès de Marthe, il erre dans les rues de Nogent jusqu’à la maison qu’elle habitait. Là, où ils se retrouvaient durant la guerre.

L’enterrement de Marthe encadre et ponctue le film. François revit les moments passés avec sa douce. L’un des plus forts est celui de leurs retrouvailles au moment où Marthe a « la joie », d’apprendre que son époux, Jacques Lacombe (Jean Lara), n’obtient pas la permission espérée.

Réalisé peu après la Seconde Guerre mondiale, ce film, à travers l’insouciance de ce couple adultère, heureux en pleine guerre alors que le mari risque sa vie, fait résonnance aux sombres années de l’Occupation. Ce constat est renforcé par les costumes portés par les acteurs. François porte des vêtements de 1940 tandis que les lycéens sont habillés comme en 1918. L’alerte de nuit fait également plus penser aux bombardements aériens de 1939-1945 qu’à ceux de la Grande Guerre.

Le diable au corps, lors de sa projection, suscite de vives réactions. Le Centre National du Cinéma impose, sur une injonction ministérielle, un texte pour atténuer la portée symbolique du long-métrage : « Les personnages qui animent cette œuvre cinématographique de leur impétueuse et parfois cynique jeunesse, expriment les sentiments de quelques jeunes dont les esprits se trouvèrent emportés dans le bouleversement qui, de 1914 à 1918, ébranla le monde. » Même si le monde du clergé s’indigne également et tente de l’interdire, le film sera très bien accueilli par les critiques. Un film culte à posséder dans sa vidéothèque.

Par Jean-Bernard LAHAUSSE et Romain SERTELET

Juillet/
Août 2013
 Octobre 2013

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Crédits Photos : © Universal Film S.A.

 

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