Lieux et visites

Image Monument des Garibaldiens à Bligny

17/12/2012Monument du Mois - Décembre 2012/Janvier 2013 - Monument des Garibaldiens du cimetière de Bligny

Monument du Mois – Décembre 2012/Janvier 2013

Monument des Garibaldiens du cimetière de Bligny

« Un homme qui, se faisant cosmopolite, adopte l'humanité comme patrie et offre son épée et son sang à tous les peuples qui luttent contre la tyrannie, il est plus qu'un soldat ; c'est un héros. »

Ces propos d’Emile Barrault, rapportés par Giuseppe Garibaldi lors d’un voyage de Nice vers Constantinople en 1833, illustrent bien l’engagement de la Légion garibaldienne aux côtés des soldats français pendant l’hiver 1914-1915.

L’engagement des « Chemises rouges » en Argonne

Dès le début de la Première Guerre mondiale des immigrés italiens s’engagent comme volontaires dans l’armée française. Au sein du 1er régiment étranger de la Légion Etrangère, est créé le 5 novembre 1914, le 4ème régiment de marche.

Giuseppe Garibaldi

Il prend très vite le surnom de « régiment des Garibaldiens » en souvenir de Giuseppe Garibaldi, grande figure de l’Unité Italienne qui était, aussi, venu combattre aux côtés de l’armée française lors de la guerre de 1870.

Giuseppe Garibaldi

Surnommée les « Chemises rouges » à cause de leurs uniformes, la Légion Garibaldienne compte dans ses rangs six petit-fils de Giuseppe Garibaldi. Ce régiment, commandé par Peppino, le petit-fils de Garibaldi, est constitué d’environ 2.000 combattants volontaires italiens venant en majorité des régions françaises de forte immigration italienne mais aussi d’Italie. Leur participation est basée essentiellement sur l’amour de la France ainsi que sur des idéaux républicains et nationalistes.

Peppino GaribaldiLe régiment garibaldien est envoyé par le commandement français en Argonne et y combat de novembre 1914 à janvier 1915. Retiré du front le 9 janvier 1915 et envoyé au repos, il est dissout le 5 mars 1915 suite aux lourdes pertes - plus de la moitié de l’effectif - et devant l’entrée en guerre imminente de l’Italie aux côtés de l’Entente qui surviendra le 23 mai 1915.

Peppino Garibaldi en 1915

Au total sur les 2.000 hommes engagés, 590 garibaldiens sont « morts pour la France », parmi eux deux frères Garibaldi : Bruno tué le 26 décembre 1914 à Bolante et Costante le 5 janvier 1915 à Courtes-Chausses. Un monument à la mémoire des garibaldiens tombés en Argonne a été érigé en 1932 à Lachalade (Cf. Monument des Garibaldiens).

Monument des Garibaldiens à Lachalade

Monument des Garibaldiens à Lachalade

Lazare PonticelliLazare Ponticelli (1897-2008), dernier combattant de l’armée française de la Grande Guerre, a fait partie de ce régiment des Garibaldiens. Ayant seulement 16 ans en 1914, Ponticelli a triché sur son âge pour pouvoir s’engager sous les ordres du lieutenant-colonel Peppino Garibaldi.

Lazare Ponticelli

Après la dissolution de la Légion Garibaldienne, la grande majorité des légionnaires rejoignent l’armée italienne tandis que d’autres, une centaine, s’engagent dans d’autres unités de la Légion Etrangère.

En 1915 et 1916, l’armée italienne est soucieuse de défendre son pays et s’engage dans de durs combats sur l’Isonzo, au nord-est de l’Italie.

Jusqu’en 1918 et l’engagement du IIe Corps d’Armée Italien du Général Alberico Albricci (Cf. Biographie d’Alberico Albricci) sur le sol français, des Troupes Auxiliaires Italiennes en France (TAIF) sont mises à disposition de l’armée française. Militaires non armés, ils sont chargés d’effectuer sur l’ensemble du front des travaux de construction de routes et de voies ferrées.

Alberico AlbricciFin avril 1918, le IIe Corps d’Armée, comptant plus de 40.000 hommes, se trouve dans l’Aube où il doit s’adapter aux conditions particulières de combat en France avant de gagner le front. A partir de la mi-mai, il est engagé dans le secteur de l’Argonne, notamment près d’Avocourt, là même où la Légion Garibaldienne a combattu en 1914-1915.

Alberico Albricci

Au mois de juillet 1918 le corps d’armée est ensuite dirigé vers la Marne. Il participe aux combats de la seconde Bataille de la Marne près de Bligny - sur le site même de l’actuel cimetière militaire - ainsi qu'à la dernière offensive alliée au Chemin des Dames.

Le cimetière de Bligny et son monument aux Garibaldiens

L’année 1918 a été particulièrement destructrice pour la vallée de l’Ardre, au sud-ouest de Reims. Du 27 mai 1918 au 6 août 1918, lors de la seconde Bataille de la Marne, les troupes alliées, composées entre autres de Français et d’Italiens, repoussent l’offensive allemande, destinée à se diriger vers Paris, au niveau de Bligny, Chambrecy et Marfaux.

Pose d'une première pierre d'un monument italien à Bligny près de Reims

Pose d'une première pierre d'un monument italien à Bligny près de Reims

Le territoire de Bligny-Chambrecy accueille, aujourd’hui et depuis 1919, le cimetière militaire italien. Situé à 17 kilomètres à l’ouest de Reims, cette nécropole italienne, la plus grande sur le sol français, contient les sépultures des soldats italiens du 2ème corps mais également des Troupes Auxiliaires Italiennes en France (TAIF).

 Dominant un panorama bucolique, le cimetière italien, d’une superficie de 3,5 hectares, compte 3.040 dépouilles de soldats ainsi qu’un ossuaire de 400 corps.

Cimetière militaire italien de Bligny

Dans ce cimetière, reposent aussi des Garibladiens, tombés durant l’hiver 1914-1915. Ils furent d’abord enterrés dans l’ancien cimetière de Lachalade, dans la Meuse, avant d’être regroupés à Bligny. Les corps furent exhumés dès 1919, certains furent rendus aux familles.

Ancien cimetière des Garibaldiens

Panneau de l’ancien cimetière des Garibaldiens à Lachalade

Un monument, dédié à la Légion garibaldienne, se situe à droite à l’entrée de la nécropole. Il se présente sous la forme d’un bloc de pierre où une plaque en bronze a été apposée. Réalisée par les fonderies Codari et Dubru, elle est l’œuvre du sculpteur italien Alberto Cappabianca. Cette plaque représente trois victoires tenant des couronnes de lauriers au-dessus des sites argonnais où les Garibaldiens se sont illustrés : Bolante, Courte Chausse et le Ravin des Meurissons. Une épitaphe témoigne de l’engagement de ces soldats au début de la Grande Guerre :

« Ici reposent les os des anticipateurs de l’Argonne
Français et Italiens
Obéissez au commandement garibaldien »

Monument des Garibaldiens à Bligny

 Ce monument a été érigé, au début des années 20, par l’Union des vétérans de l’Argonne dont Cappabianca était le président.

Chaque année le 2 juin - week-end précédant la Fête nationale italienne - a lieu une cérémonie du souvenir dans la nécropole italienne de Bligny.

A noter la présence d’un monument central en forme de temple romain à la mémoire des 5.000 soldats italiens morts sur le sol français, d’une stèle avec un livre de bronze qui rappelle l’engagement en France des 41.000 soldats italiens d'avril à novembre 1918 et de la tombe d’Ugo Magnani, un général italien en mission auprès de l’armée britannique mort d’une pneumonie le 7 février 1917 à Cassel.

Champ du souvenir à BlignyDe l’autre côté de la route, se trouve un champ du souvenir. Il reconstitue une voie romaine bordée de cyprès et se termine par une colonne brisée. Il rend hommage aux troupes italiennes tombées sur le sol français.

Sur le territoire de Bligny se trouve également la nécropole nationale, aménagée entre 1920 et 1923, de « La Croix-Ferlin » qui abrite les sépultures de 11.256 soldats français, de 4.732 allemands et d’un russe. Y sont aussi enterrés deux soldats français tombés lors de la Seconde Guerre mondiale.

A proximité, sur la route menant à Chambrecy, on retrouve le cimetière militaire britannique qui accueille les soldats de la 19e DI ainsi qu’un monument qui leur rend hommage. Ce bataillon a participé le 6 juin 1918 à la défense du territoire Bligny-Chambrecy et a reçu la Croix de guerre française.

Par Jean-Bernard LAHAUSSE et Romain SERTELET

Sources :

Les Garibaldiens de l’Argonne, Capitaine Marabini, Editions Lacour, 2005, 335 p.
Les troupes italiennes en France pendant la première guerre mondiale, Julien Sapori, Editions Anovi, 2008, 139 p.
L’Italie en guerre, 1915-1918, Enzo et Laurent Berrafato – Jean-Pierre Verney, Editions SOTECA, 2006, 267 p.
Les Garibaldiens, héros de l’Argonne in La Charte, mai-juin 1975, 46ème année
Les Garibaldiens en Argonne in Connaissance de la Meuse, Numéro 58, Septembre 2000

Novembre 2012 Février 2013

Carré des 7 inconnus

Monument

du

Mois

Monument de la Vaux-Marie

Carré
des 7 inconnus
 Monument de
la Vaux-Marie 
à Verdun à Rembercourt

Crédit Photo : © Giuseppe Garibaldi, l’homme du Risorgimento
Peppino Garibaldi en 1915 - © BNF
Monument des Garibaldiens à Lachalade - ©
http://daneck.blogspot.fr
Lazare Ponticelli - © http://lewebpedagogique.com
Albrico Albricci - © Wikipédia
Pose de la première pierre d'un monument italien à Bligny - © BNF - Agence Meurisse
Cimetière de Bligny - © Wikipédia
Ancien Cimetière de Lachalade- ©
http://www.cndp.fr/crdp-reims
Monument des Garibaldiens à Bligny - © http://champagne1418.pagesperso-orange.fr
Champ du souvenir - © http://www.cndp.fr/crdp-reims

 

Lieux et visites

Stèle à la mémoire d’Henry Gunther
16/10/2018 Stèle à la mémoire d’Henry Gunther

Dernier Américain tué pendant la Première Guerre mondiale.

Lire la suite...
Le manège du quartier d’Anthouard
05/10/2018 Le manège du quartier d’Anthouard

Lieu

Lire la suite...
Les Forts de Douaumont et de Vaux
02/02/2015 Les Forts de Douaumont et de Vaux

Tarifs et horaires d'ouverture.

Lire la suite...
Le monument des ânes de Belleville-sur-Meuse
21/06/2018 Le monument des ânes de Belleville-sur-Meuse

Cette croix est située sur un chemin allant de Belleville à Fleury.

Lire la suite...